Pédagogie Montessori

Maria Montessori : la femme, l’éducatrice

Maria Montessori, docteur en médecine, spécialisée en anthropologie et en psychiatrie, a développé une approche pédagogique fondée sur l’observation scientifique du développement cognitif et psychique de l’enfant.

En 1906, elle accepte le défi d’accueillir cinquante enfants entre trois et six ans issus de familles ouvrières de San Lorenzo, banlieue de Rome, afin de leur offrir un peu d’éducation. C’est la naissance de « La Maison des Enfants » qui va devenir un véritable laboratoire de pédagogie appliquée.

Elle adapte le mobilier à la taille des enfants et propose un matériel sensoriel, inspiré du médecin Seguin, qu’elle perfectionne. Elle observe l’enfance qu’elle étudie avec son cœur autant qu’avec son intelligence : elle propose du matériel et ne maintient que celui que les enfants sélectionnent.

L’environnement, les exercices proposés, les concepts pédagogiques sont le fruit de l’observation des enfants évoluant librement dans un milieu créé pour eux, sans intervention adulte inappropriée. Témoin de l’éclosion progressive de l’esprit de jeunes enfants issus d’un milieu défavorisé, elle fait participer de façon continue les données de ses recherches à la progressive synthèse de la personnalité de l’enfant.

Ce que la doctoresse Maria Montessori a découvert par l’observation est aujourd’hui universellement accepté ; les jeunes enfants possèdent une intelligence dotée de capacités extraordinaires qu’elle nomme Esprit Absorbant.

Avant 3 ans

Durant les trois premières années, l’enfant s’imprègne des caractéristiques humaines de son milieu et construit à partir de ces éléments sa personnalité propre par le simple fait de vivre. La marche, le langage, les us et coutumes du milieu ambiant sont acquis par son activité propre. Guidé par des sensibilités directrices qui le poussent à une activité incessante, l’enfant découvre le monde, puise dans l’environnement les éléments de sa construction physique, psychique et mentale.

Après 3 ans

Ce petit explorateur manifeste alors une capacité de concentration et d’apprentissage exceptionnelle. L’esprit absorbant, cette forme particulière de l’intelligence enfantine ne trouve son aliment que si l’enfant peut se mouvoir (se déplacer) et agir librement, sans intervention inutile des adultes et dans un milieu approprié.

Maria Montessori réunit ces conditions et découvre avec surprise que les très jeunes enfants sont intéressés par des matières souvent réservées aux enfants plus âgés, telle la géométrie, la grammaire, la botanique lorsque cela leur est offert avec des outils sensoriels. Aborder ces matières dans l’âge tendre pose les fondements d’une connaissance exacte et prépare l’esprit à l’abstraction.

Maria Montessori découvre à l’instar de Freud, que le destin de l’homme se joue dans les six premières années de sa vie, que tout être humain se développe selon certaines lois immuables.

De 6 à 12 ans

L’enfant ainsi préparé pourra utiliser toutes ses ressources pour découvrir comment la planète terre s’est formée, l’évolution du vivant et le travail de l’intelligence humaine pour transformer ce monde.

Parallèlement, il approfondira les matières nécessaires pour s’intégrer dans la culture humaine, la comprendre, y agir à son tour en véritable être social conscient de ses responsabilités.

D’explorateur moteur et sensoriel, il se transforme en explorateur du monde et des idées afin d’y trouver sa place et travailler à l’amélioration de la condition humaine.

La Maison des Enfants (3-6 ans) , une vie en communauté harmonieuse

« Un pouvoir d’éducation est diffus dans ce milieu dont les personnes-enfants et maîtres- font partie. »

Maria Montessori, Pédagogie scientifique I, p.49

La classe enfantine regroupe des enfants âgés de 3 à 6 ans. Ces années correspondent à une période de développement spécifique essentielle et déterminante pour la construction de la personnalité consciente. Les fondements du processus d’apprentissage prennent racine durant cette période de croissance : ils ont des répercussions sur le développement de l’intelligence et le comportement social ultérieur.

Dans un groupe d’âges mélangés, les enfants apprennent avec chaque partenaire et grâce à eux. Un très jeune enfant a la possibilité de voir des activités qu’il pourra entreprendre à son tour simplement en ayant observé le travail d’un plus grand. L’enfant plus âgé peut renforcer ses connaissances en expliquant à un plus jeune ce qu’il a compris. Une véritable osmose mentale propre à cette période règne dans cette petite communauté d’enfants.

L’interaction constante entre les groupes d’âge développe l’attention à l’autre, le respect mutuel et le sens des responsabilités. L’expérience journalière de ces interactions sociales incite au respect mutuel et développe le sens des responsabilités. Le respect de l’espace de travail de l’autre, l’apprentissage des règles de courtoisie mutuelle, la compréhension de la nécessité d’un minimum de règles communes s’expérimente au quotidien. A travers leur activité librement dirigée, les enfants apprennent à utiliser le matériel de manière adéquate, à le maintenir propre et en bon état, à le ranger afin qu’un autre camarade puisse s’en servir.

L’éducatrice accompagne les enfants durant les trois années consécutives.

Les enfants sont traités avec un grand respect, ce qui les incite naturellement à développer une attitude qui prend en compte la dignité d’autrui.

L’environnement préparé

Afin de développer une activité spontanée guidée par les périodes sensibles, l’environnement est préparé avec le plus grand soin. Ce milieu est pensé pour que l’enfant puisse agir avec le maximum d’indépendance.

La classe est un « lieu de vie » pour les enfants. Le mobilier, les étagères, les chaises et tables sont adaptés à la taille des enfants. Les lieux d’aisance et le vestiaire répondent à la même exigence. Le matériel est exposé au choix des enfants en fonction des domaines proposés : vie pratique, sensoriel, mathématiques, langage afin de permettre un choix conscient et favoriser une structuration mentale ordonnée. Il existe une haute potentialité d’interactivité entre les différentes disciplines.

La variété des activités proposées suscite des activités motrices de plus en plus perfectionnées. Un enfant de 3 ans va laver une table pendant qu’un voisin de 4 ans va chercher une à une les lettres de l’alphabet mobile pour composer un mot. Celui de 5 ans construit la table de Pythagore avec des perles colorées au sol et celui de 6 ans lit des ordres et les exécute.

Une grande partie des activités est présentée individuellement ; d’autres nécessitent la collaboration de plusieurs camarades. Il existe certaines leçons collectives comme les exercices sur la ligne, les chants et poésies, ainsi que les leçons de grâce et de courtoisie.

Maria Montessori rend l’adulte attentif au soin minutieux du milieu afin qu’il réponde au besoin de perfectionnement du jeune enfant. L’environnement préparé montessorien respecte et protège le rythme de vie de l’enfant. C’est un espace calme, ordonné selon les besoins de l’évolution progressive de cette période. Dans ce cadre, les expériences positives de l’enfant permettent la construction d’une personnalité harmonieuse, développant l’autodiscipline et le sens des responsabilités.

Le matériel Montessori

Directement accessible sur des étagères à hauteur d’enfants, chaque matériel de chacun des domaines est un appel, une invitation à l’activité. L’enfant peut l’utiliser tout le temps nécessaire durant la matinée dont la durée nécessaire est de 2h1/2 à 3 heures sans interruption. Lorsque l’enfant a terminé, il rapporte le matériel à l’endroit où il l’a pris sur l’étagère et un autre enfant peut le choisir à son tour.

Le matériel, de par sa beauté et sa conception, stimule l’auto-activité enfantine ; il isole une qualité et par conséquent présente un seul concept à la fois. Par exemple, la tour rose est composée de dix cubes de tailles différentes : l’enfant construit la tour en commençant par le plus grand cube et termine par le plus petit ; ce matériel isole le concept grand, petit. D’autres matériels isolent d’autres concepts : les couleurs avec les tablettes de couleurs, les longueurs avec les barres rouges.

Le matériel est auto-correctif. Si un cylindre n’entre pas dans une cavité, l’enfant voit de lui-même l’erreur et peut la corriger sans intervention adulte. Cela suscite un travail mental de comparaison et jugement, la satisfaction de faire juste, développe la confiance en soi et le plaisir d’apprendre par soi-même et par ses propres forces !

Puis l’enfant peut poursuivre son exploration ; il découvre que plusieurs pièces du matériel ont des relations entre elles . Par exemple, tour rose et escalier marron ont la même section, ce qui permet des combinaisons à l’infini …

plus grand 10 cm3. L’ensemble du matériel possède des connexions multiples.

Le matériel de vie pratique, la « soie » de la vie quotidienne

« Une des principales tâches de notre méthode a été de faire pénétrer l’éducation musculaire dans la vie même des enfants en la reliant à la vie quotidienne ; nous avons ainsi introduit pleinement l’éducation des mouvements dans l’ensemble unique et inséparable de l’éducation de la personne enfantine. »

Maria, Montessori, Pédagogie scientifique I, p.65

Les enfants d’âge préscolaire adorent reproduire les gestes des adultes qui les entourent. Le matériel de vie pratique l’aide à réaliser ce désir. Lorsque le petit enfant arrive à 3 ans, ces exercices lui permettent de faire le lien entre la maison et la classe. Ces activités dont le but est directement visible par l’enfant (boutonner, cirer les chaussures, nettoyer un miroir, verser de l’eau), invitent l’enfant à réaliser à son rythme, avec des outils à sa taille des activités déjà observées dans le monde adulte. L’éducateur est disponible pour aider si nécessaire, encourager les plus timides, ceci sans interférer inutilement dans l’activité.

A 3 ans, l’enfant est plus intéressé par l’action de laver la table que par le résultat. L’activité l’aide au contrôle de ses mouvements moteurs globaux ; la coordination nécessaire entre l’œil et la main l’amène à une précision de plus en plus grande de ses mouvements.

Dans une ambiance Montessori, il existe quatre groupes d’exercices de vie pratique :

  • les soins de la personne (savoir s’habiller, boutonner, coudre)
  • les soins de l’environnement (nettoyer, laver, repasser, soigner une plante, plier, couper)
  • le développement des relations sociales (demander, remercier, servir)
  • la coordination des mouvements (exercices sur la ligne, maîtrise de ses mouvements et de son équilibre, la leçon de silence).

Il est souvent difficile pour des adultes de comprendre l’utilité des exercices de vie pratique et l’intérêt que cela suscite chez l’enfant. Pour celui-ci, l’habileté manuelle, la complexité, le perfectionnement des mouvements nécessaires suscitent une grande attention. Grâce à une présentation exacte, le déroulement de l’activité et l’objectif proposés sont directement accessibles pour l’enfant, l’imitation est aisée et provoque le désir de réussir par l’intermédiaire d’un mouvement de plus en plus précis. Ce processus va susciter la concentration par étapes progressives.

Le jeune enfant est attiré par ces activités car elles lui permettent d’accéder à l’indépendance. Après avoir appris à boutonner, cirer ses chaussures, laver les mains, la répétition spontanée de ces exercices, amène à une maîtrise qui libère l’enfant de l’intervention nécessaire de l’adulte. La confiance en soi et l’estime de soi se renforcent ; la période sensible de coordination et de perfectionnement du mouvement est pleinement satisfaite.

« Aide moi à faire seul » est la devise de cet âge.

La pédagogie Montessori encourage et renforce cette prise d’autonomie.

Le matériel de développement des sens

« Les sens sont des organes de préhension des images du monde extérieur nécessaires à l’ intelligence comme la main est l’organe de préhension des choses matérielles nécessaires au corps »

Maria Montessori, Pédagogie scientifique I, p.85

Le monde est couleurs, formes, dimensions, sons, odeurs et goûts. Les enfants vivent dans un monde de sensations multiples ; afin de poursuivre leur développement, ils ont besoin de classifier, nommer ces multiples impressions. A travers la vue, le toucher, le goût, l’odorat et l’écoute, le matériel sensoriel Montessori permet à l’enfant d’ordonner, de classifier et de comprendre ce monde environnant.

Pour comprendre long et court, par exemple, l’enfant aligne des barres rouges dont les extrêmes incarnent le concept. De même lisse et rugueux sont perceptibles grâce à une surface en papier émery et une autre vernie.

Plus tard, l’enfant retrouve la perception de lisse et rugueux pour distinguer terre et eau sur le globe terrestre. L’enfant poursuit et complète l’exploration sensorielle du monde avec les formes géométriques planes, et solides, les puzzles de géographie, le matériel de musique et de biologie.

Les distinctions sensorielles vont s’affiner, les contrastes vont s’aligner en gradation, l’enfant va distinguer une progression de plus en plus ténue entre grand et petit entre couleurs claires et foncées, son haut et bas, poids lourd et léger. Les qualités intellectuelles de comparaison et jugement vont se développer jusqu’à atteindre une précision quasi mathématique.

Le matériel sensoriel satisfait la période sensible sensori-motrice et le besoin d’exploration du jeune enfant en lui offrant un outil de développement perfectionné et intéressant.

Ce matériel est un outil d’exploration de la réalité qui favorise la prise de conscience de plus en plus aigüe du monde qui entoure l’enfant et lui évite la tentation de se réfugier dans le monde de l’imaginaire.

Le matériel de mathématiques : du concret à l’abstrait

« La mathématique se présente comme un moyen de développement mental, nécessaire et de culture élémentaire qui privilégie le développement de l’enfant et le situe par-dessus les disciplines       scolaires. »

Traduction libre de « Psico aritmetica » de Maria Montessori

Par son besoin d’ordre et de classification, l’esprit du jeune enfant est naturellement mathématique.

Cependant l’environnement naturel ne suffit pas à alimenter ce besoin. Pour aider l’enfant, Maria Montessori a imaginé un matériel sensoriel qui présente sous forme concrète des principes abstraits. Une première notion du système décimal a été donnée avec le matériel sensoriel qui se présente souvent en 10 exemplaires dans la tour rose, l’escalier marron, les barres rouges, par exemple.

Les formes et solides géométriques induisent les idées d’aire et de volume ; les triangles constructeurs permettent d’expérimenter que toute forme géométrique peut être subdivisée en triangles. Enfin, la table de Pythagore sensorielle annonce la table de multiplication.

Le matériel de mathématique sera présenté de manière graduelle et progressive, en fonction du niveau et des besoins des enfants et selon le principe du libre choix.

Les barres numériques associées aux chiffres rugueux, les fuseaux, les jetons introduisent progressivement une claire conscience mathématique de la suite numérique. Puis le matériel des perles dorées apporte l’idée de la formation des grands nombres et la compréhension sensorielle et ludique de la fonction des 4 opérations. A chaque étape, l’enfant manipule un matériel concret qu’il met en lien avec les symboles de la numération.

Grâce au soutien sensoriel, l’enfant intègre à son rythme les principales règles mathématiques.

La simplicité d’utilisation du matériel et l’aspect ludique des jeux des quatre opérations ouvrent l’esprit, facilitent la mémorisation des combinaisons de base ; la capacité de calcul mental est acquise de manière naturelle et sans exercices fastidieux.

Le passage à l’abstraction se fera par paliers successifs, à l’aide d’expériences et de découvertes adaptées à l’intelligence du jeune enfant.

Le matériel de langage

« Nos expériences, réalisées avec des enfants de 4 ans (période durant laquelle l’écriture peut « exploser » comme conséquence d’une conquête déjà faite) ont été particulièrement importantes. Le développement du langage dure en fait jusqu’à 5 ans et l’esprit de l’enfant se trouve dans une phase active pour tout ce qui concerne le langage. »

La formation de l’homme, Maria Montessori

La Maison des Enfants favorise un développement très riche du langage parlé. Dans cet environnement, l’enfant entend et utilise un vocabulaire précis pour chaque activité : il nomme les textures, les couleurs, les formes géométriques, les plantes, les opérations mathématiques etc.

Des séries de cartes avec nomenclatures couvrent chaque centre d’intérêt traité en classe.

Les 26 lettres rugueuses viennent illustrer le son entendu par l’enfant. Elles deviennent un alphabet mobile pour permettre la composition de tous les mots entendus et mis en lien avec des objets réels. L’écriture préparée par le toucher des lettres rugueuses survient souvent de manière explosive comme l’aboutissement d’un long travail préparatoire « Je sais écrire ! » ou « Je sais lire ! ».

La lecture préparée par l’écoute des sons et leur correspondance graphique survient avec la même spontanéité ; elle est consolidée par une étude systématique des phonogrammes.

Une présentation grammaticale ludique adaptée à la psychologie enfantine leur permet de comprendre quelle est la place des mots dans la phrase, comment s’organise la syntaxe que les enfants possèdent déjà oralement.

La connaissance de la langue écrite est la clé qui ouvre la porte à une foule d’explorations offertes à la curiosité enfantine. Par exemple, les différentes familles d’animaux, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères ou la botanique avec son infinie variété de plantes.

Les puzzles de géographie, les expériences des contrastes géographiques, l’étude des continents, de leur faune, de leur flore, la connaissances des peuples qui les habitent ouvrent le champ de découvertes infinies.

Art et musique intégrés dans l’environnement préparé

« Nos enfants veulent découvrir le monde ; donnons-leur les clés de cette exploration. »

Interprétation libre d’une citation de Maria Montessori

Les activités artistiques ne sont pas données à part. Elles font partie de l’environnement Montessori.

Un espace peinture et un espace musique ont leur place tout au long de l’année. Les clochettes Montessori sont un matériel de musique adapté à la psychologie enfantine qui réunit les mêmes qualités que le matériel sensoriel. Conçu par Maria Montessori, il fut exécuté par une de ses collaboratrices, Mme Maccheroni, musicienne et mathématicienne. Ce matériel permet l’étude de la musique de manière spontanée et progressive. L’enfant qui travaille avec ce matériel peut inventer une mélodie, la chanter, nommer les notes ; plus tard, il pourra transcrire la mélodie sur la portée et l’écrire. Les gammes, les clés, les rythmes, les soupirs : tout peut s’apprendre avec ce matériel.

Des activités de modelage ou des techniques artistiques spécialisées sont introduites au fur et à mesure tout au long de l’année.

La musique et l’expression artistique sont une exploration culturelle : des chants et danses folkloriques peuvent avoir leur place en lien avec une période historique ou un lieu géographique.

Travaux à l’extérieur

Dans la tradition Montessori, il n’y a pas de séparation entre l’espace intérieur et extérieur. Les travaux de jardinage, les soins aux plantes et aux animaux font partie de l’éducation Montessori. Découvrir le nom des arbres, des fleurs, faire pousser des graines sont une ouverture à la beauté de la nature et font partie de ce que Mme Montessori appelle « éducation cosmique. »

Il est donc vivement conseillé de permettre aux enfants cette découverte. Le respect pour la nature vient de la connaissance et à cet âge, pour connaître, il faut avoir l’occasion d’un contact et d’une activité de longue durée dans le milieu proposé à la connaissance.

Les initiatives pour l’éducation au développement durable proposées dans l’instruction publique cherchent à développer cette connaissance, ce respect du monde qui nous entoure, seule voie vers un comportement responsable face à notre environnement.

Le parent éducateur

Maria Montessori affirme que les parents jouent un rôle vital dans l’éducation de leurs enfants. L’éducation commence dès la naissance, à la maison avec les parents ; ils sont les premiers et les plus importants éducateurs de l’enfant. Personne ne peut aussi bien connaître et protéger son enfant.

Le mot « éduquer » vient du latin et signifie « aider ». Les parents ont l’unique opportunité d’accompagner leur enfant sur le chemin de leurs intérêts et de leurs convictions : loisirs, recherches intellectuelles, valeurs spirituelles, connaissances culturelles et environnementales.

Les parents, en qualité de premier maître, ont une influence significative sur l’esprit absorbant de leur enfant.

La Maison Montessori est une extension naturelle de la maison familiale.

C’est pour cela que Mme Montessori encourage les parents à s’engager dans les activités de la Maison des Enfants pour les séances d’information, les portes ouvertes, les discussions de parents, les observations en classe et les conférences.

L’éducateur Montessori

L’éducateur Montessori doit être l’avocat des enfants dans le sens du respect dû à son travail d’auto-construction. L’éducation Montessori étant fondée sur les motivations internes de l’enfant, l’éducateur a le rôle de protéger et de favoriser l’émergence du processus de création chez le jeune enfant. Il doit par conséquent développer une capacité d’observation qui lui permet de détecter les réels besoins de l’enfant.

Il doit avoir une confiance absolue dans le pouvoir créateur de l’enfant, en sa capacité de vouloir et d’agir par lui-même. L’enfant choisit les activités et agit pour son propre développement.

L’éducateur connaît les lois du développement des enfants, leurs besoins, s’efforce de maintenir l’environnement préparé et une atmosphère de calme, d’ordre, de sérénité, de relations gratifiantes et de joie.

Il se garde bien d’intervenir sans nécessité. Après avoir présenté le matériel, il invite l’enfant à l’utiliser correctement. Si l’enfant montre son intention d’utiliser le matériel, la maîtresse constate qu’elle l’a présenté au bon moment. Si l’enfant manifeste un manque d’intérêt, elle peut suggérer de ranger le matériel pour une utilisation future. Son rôle n’est pas de corriger ou de décourager. Un enfant n’est ni stupide, ni méchant.

Un éducateur Montessori doit avoir un regard tourné vers le futur de l’enfant ; sur le moment, il réalise que, dans la circonstance actuelle, il ne doit pas s’appesantir sur le présent mais plutôt placer sa confiance dans le devenir de cet enfant.

Une attitude répressive risque de porter entrave au processus créateur ; une attitude sereine et confiante (qui ne néglige pas la fermeté cependant), favorise toutes les conditions pour que l’enfant découvre l’activité qui correspond à ses périodes sensibles.

Est-ce que Montessori convient à chaque enfant ?

Les enfants de toutes cultures et de toutes couches sociales, de toutes provenances géographiques ont bénéficié d’une éducation Montessori.

Votre enfant en bénéficiera de même.

Un savoir académique n’est pas l’objectif visé. Que l’enfant sache reconnaître les couleurs ou manger proprement n’est pas notre objectif. L’éducateur est formé pour répondre aux besoins de l’enfant par des stimulations sensorielles dans un environnement Montessori.

Il est vivement recommandé aux parents de conduire l’enfant à temps en classe.

Peut-être le jeu à la maison leur semble plus intéressant. Mais l’enfant est prêt pour de nouvelles expériences positives loin de son univers familier. Vers cet âge, l’enfant cherche de nouveaux intérêts, de nouveaux défis et d’autres compagnons. C’est une période privilégiée où l’enfant est prêt à grandir et à bénéficier de ce que peut lui offrir une ambiance Montessori.

Là, il rencontre une nouvelle communauté dans laquelle son développement individuel sera satisfait grâce à la manipulation du matériel. Là, il gagnera son indépendance, son estime personnelle et le respect des autres.

Nous n’avons qu’une enfance. Une éducation Montessori est la garantie que chaque enfant obtiendra le meilleur pour lui-même.

Après 6 ans = Montessori en niveau élémentaire

Des études et de nombreuses observations ont révélé que l’éducation enfantine Montessori pose les fondements d’un apprentissage solide et de bonne qualité. En classe élémentaire, ces enfants manifestent une grande curiosité, de l’auto-discipline, une capacité d’initiative, de la constance dans le travail, de la concentration et une attitude positive face au savoir et envers l’école.

Cependant, l’éducation Montessori ne s’arrête pas forcément aux classes enfantines. Elle peut se poursuivre durant les degrés élémentaires et même durant l’adolescence. L’environnement Montessori élémentaire répond aux besoins psychologiques de cet âge d’ouverture à un univers plus large.

Une partie du même matériel est présent qui va être utilisé différemment selon le développement spécifique des enfants de 6 à 12 ans. Un autre matériel est introduit pour permettre le chemin vers l’abstraction et développer son imagination vers des concepts plus larges que leur environnement immédiat. Comme la Maison des enfants, le curriculum Montessori élémentaire est interdisciplinaire, ouvre aux sciences, aux études de la société, aux arts ; le langage et les maths s’orientent pour répondre aux questions des enfants. L’importance est donnée aux questions générales et thèmes globaux en connexion avec les différentes branches d’études. Une éducation Montessori complète procure à votre enfant un programme intégré, individualisé et cependant académique. Il suit pas à pas la progression du développement de votre enfant.